Chine/Politique
Impliqué dans un scandale politique, M. Bo Xilai qui briguait une poste au Comité permanent du PolitBuro, a été limogé de son poste de secrétaire du Parti de la municipalité de Chongqing. Début Février 2012 en effet, M. Wang Lijun, chef de la police engagé dans la lutte contre la mafia à Chongqing, a demandé asile au consulat américain de Chengdu, arguant du fait que sa vie était en danger après une dispute avec M. Bo Xilai, secrétaire du Parti communiste à Chongqing. M. Wang disait avoir des preuves de nombreux crimes et de corruption au sein de la municipalité (Financial Times, 14/2 et 15/3, 2012)
Bo Xilai ousted as Chongqing chief Bo Xilai, évincé comme chef du Parti à Chongqing
M. Bo Xilai, politicien chinois, franc tireur, qui jusqu’à récemment briguait une poste dans le premier organe de décision du Parti communiste, a été démissionné comme secrétaire du Parti de la municipalité de Chongqing.
M. Bo a été remplacé par M. Zhang Dejiang, un économiste formé en Corée du Nord, vice premier ministre, d’après l’agence officielle d’information officielle Xinhua et des sources proches des dirigeants chinois.
Le limogeage de M. Bo qui a été impliqué dans un scandale politique depuis début Février quand son chef de la police a essayé de fuir aux Etat-Unis, a fait des vagues au sein du Parti et fait monter les peurs d’un élargissement des dissensions au sein de factions de plus en plus installées.
Rappel des faits, 14 Février 2012 :
Chinese princeling Bo Xilai comes under pressure Le prince héritier chinois Bo Xilai sous pression
Les dirigeants du parti communiste chinois préparent comme tous les dix ans la transition, mais un orage politique vient de se produire qui pourrait déranger les plans de succession et mettre un terme à une des carrières politiques les plus prometteuses dans le pays.
Un ancien chef de la police engagé dans la lutte contre la mafia, M. Wang Lijun a ainsi passé plus de 24 heures la semaine dernière au consulat américain de Chengdu arguant du fait que sa vie était en danger après une dispute avec M. Bo Xilai, son patron et le secrétaire du Parti communiste de Chongqing.
Alors que des hordes de policiers armés entouraient le consulat, M. Wang a demandé l’asile aux Etats-Unis. Quand celui-ci lui a été refusé, il a essayé de négocier un accord avec des hauts fonctionnaires à Pékin, d’après certains initiés.
M. Wang qui avait officiellement perdu son poste de chef de la police quatre jours auparavant, disait avoir des preuves de nombreux crimes et de corruption.
« Je pense que la position de M. Bo va certainement en être affectée », déclarait M. Joseph Cheng , professeur de sciences politiques à la cité universitaire de Hong Kong. « Il est puissant mais il a aussi monté trop de gens les uns contre les autres dans le passé ».
Un membre du Parti communiste ayant des liens proches avec les dirigeants chinois poursuivait en disant que M. Bo était « fini » et que ses nombreux ennemis politiques utiliseraient ces évènements pour le mettre de coté ».
Jusqu’à l’incident de la semaine dernière, M. Bo était un des meilleurs candidats pour un siège au Comite permanent de 9 membres du Bureau Politique du PCC, le PolitBuro, l’instance suprême de décision du pays.
Sept de ses membres dont M. Hu Jintao, le président, et M. Wen Jiabao, le premier ministre, devraient s’en aller en fin de l’année dans une passation de pouvoir générationnelle soigneusement organisée.
M. Bo est membre du Politburo - composé de 25 personnes - à partir duquel le Comité permanent est choisi.
M. Wang, dont le penchant pour les armes et les voitures rapides est bien connu, a été le lieutenant en chef de M. Bo et le maître d’œuvre d’une répression du « crime organisé » à Chongqing qui a commencé en 2009. Elle a conduit à l’arrestation de plus de 1500 hommes d’affaires, politiciens et patrons supposés du crime organisé.
Beaucoup de ceux qui ont été détenus ont rapporté plus tard qu’ils avaient été torturés en détention avant d’être condamnés à de longues peines de prison. Une poignée d’entre eux ont été exécutés dont M. Weng Qiang, l’ancien chef de la police de Chongqing.
M. Wang aurait accepté de quitter le consulat en compagnie d’officiers de sécurité et de M. Huang Qifan, le maire de Chongqing qui est venu le chercher.
Beaucoup parmi la police armée et les paramilitaires qui entouraient les bureaux consulaires avaient été envoyés d’aussi loin que
Le fait que des fonctionnaires américains ont été mis pratiquement en état de siège par des officiers sans uniforme et habillés normalement, quelques uns ayant des armes automatiques, était particulièrement gênant pour Pékin, au moment où celui qui devrait être le futur président chinois, M. Xi Liping, était en visite aux Etats-Unis.
Depuis l’incident, M. Bo a continué comme si de rien n’était, faisant une visite officielle la semaine dernière dans la province du Yunnan dans le sud ouest de la Chine, et rencontrant M. Stephen Harper, le premier ministre canadien, en visite à Chongqing.
Le statu de M. Bo comme une sorte de « prince héritier » ayant de bonnes relations, implique qu’il va vraisemblablement être traité avec plus d’égards que d’autres fonctionnaires. Mais les analystes disent que le manque apparent de réprimande de la part de Pékin est inhabituel et un signe potentiellement inquiétant de sérieuses dissensions à l’intérieur du Parti.
“La bonne procédure aurait été que M. Bo soit sommé d’aller à Pékin expliquer les évènements de Chengdu mais au lieu de çà il était dans le Yunnan, faisant une tournée, entre autres au siège de la 14ème armée, une unité militaire mise en place par son père”, déclarait Victor Shih, un expert américain en politique des élites chinoises. « C’est hautement irrégulier et quelque peu dérangeant que nos n’ayons pas vu un signal du gouvernement central pour montrer que ceci est sous contrôle ».
Les médias chinois ont rapporté que M. Bo a visité un musée et une grande unité militaire dans le Yunnan la semaine dernière. Quelques analystes l’ont interprété comme un message envoyé par M. Bo pour montrer qu’il continuait à avoir le soutien des militaires du pays.
Les rumeurs ont circulé que M. Bo prévoyait de réunir beaucoup de gens à Chongqing pour montrer le soutien des masses.
Comme les nouvelles de la défection de M.Wang commençaient à sortir sur l’Intermet chinois la semaine dernière, le gouvernement a d’abord essayé de dire qu’il souffrait de stress et suivait actuellement «une thérapie de style vacances ». Il a ensuite indiqué que son incursion au consulat était en train d’être étudiée.
Après avoir quitté le consulat, M. Wang a été amené à Pékin où on pense qu’il et en détention sous la sécurité d’Etat et l’organisation disciplinaire du Parti.
Des initiés disaient qu’ils pensaient que ce pourrait être l’issue que M. Wang espérait quand il a cherché refuge aux consulat des Etats-Unis parce qu’il est maintenant dans les mains de gens qui entendent les rivaux politiques de M. Bo.
Traduction intégrale Ma. Padioleau
Source : Financial Times, par Jamil Anderlini, 14/2/2012 et 15/3/2012
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